29 septembre 2006

Al-Qaïda, des Congolais, le FBI et la CIA

Al-Qaïda, des Congolais,

le FBI et la CIA

jeudi 27 novembre

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De l'uranium, des assassinats, des services secrets. Le jeudi 13 novembre, un journal français Le Progrès faisait des révélations, ignorées par la grande presse, en rapport avec l'assassinat de Mzee Laurent-Désiré Kabila dont on ne parle pratiquement plus de façon active.

Le Progrès, repris par L'Avenir, a révélé que deux barres d'uranium enrichi 138 auraient été rachetées en mars 2000 par un émissaire d'Al-Qaïda auprès des opposants congolais au régime en place à Kinshasa à l'époque.

Il s'agissait de financer un putsch contre le président d'alors, Mzee Laurent-Désiré Kabila. C'est ce qu'a assuré à la police allemande un ancien opposant au régime de Kinshasa dont l'identité n'a pas été révélée.

Il s'agit des déclarations faites par cet opposant dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée ar un juge d'instruction de Grenoble à l'Est de la France, après l'assassinat de deux Congolais en décembre 2000 dans la même région, précise le journal. Ce militaire proche des deux Congolais tués dans une voiture a trouvé refuge en Allemagne et a été entendu par la police à Hambourg. Il parle d'une réunion qui aurait eu lieu le 3 mars 2000 à Hambourg entre des Congolais non autrement identifiés et un Égyptien.

Le Progrès donne le prénom de l'intéressé (Ibrahim Abdul) et cite le témoin en ces termes : « J'ai compris qu'il s'agissait d'Al-Qaïda (...) Cet émissaire aurait ainsi acquis deux barres d'uranium enrichi 138 pour le compte de la nébuleuse terroriste ».

Une source proche de l'affaire a confirmé qu'un tel témoignage figurait bien dans une commission rogatoire jointe au dossier d'instruction en avril de l'année en cours. Quant aux deux Congolais assassinés, ils étaient eux-mêmes des opposants au régime de Kinshasa. Il s'agit de Philémon Naluhwindza appelé « Mwami » et d'Aimé Atenbina. Ce dernier était le fils d'un ancien ambassadeur congolais (mieux zaïrois) auprès du Vatican et membre de la Division spéciale présidentielle (Dsp), l'unité d'élite du vivant de feu le maréchal Mobutu Sese Seko. Les deux personnes avaient été retrouvées carbonisées à Chasse-sur-Rhône, une banlieue de Lyon.

Par la suite, le même témoin a été entendu à la fois par le Fbi, la Cia et les services secrets français. Mais, il nous revient qu'il n'a pu fournir aucune explication sur l'origine exacte des deux barres d'uranium enrichi qui avaient l'objet de la transaction, poursuit le journal français.

Selon Me Frédéric Lalliard, l'avocat de la famille d'une des deux victimes qui s'est confié à l'Afp : « C'est la première fois que la piste d'Al-Qaïda apparaît dans l'enquête sur ce double assassinat ». « Toutefois, aucune piste n'est écartée », a-t-il déclaré.

En ce qui concerne ce double assassinat, la Cour d'appel de Grenoble avait mis en examen, fin mai 2001, trois hommes ont pour assassinats avant de les remettre en liberté « sous contrôle judiciaire » un an plus tard puisqu'ils continuaient à clamer leur innocence. La source informée du dossier a lâché : « On sait que les deux victimes étaient là pour réunir des fonds pour renverser Kabila et tous les moyens étaient bons ».

Toutefois, concernant l'usage possible de l'uranium enrichi, le journal Le Progrès cite Christophe Carle, un expert qui est directeur-adjoint de l'Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (Unidir). Selon lui, on ne peut obtenir une bombe atomique qu'avec « de l'uranium fortement enrichi à 90% ».

Il s'agit donc d'un « processus très compliqué ». Une façon comme une autre de banaliser la portée réelle de ce minerai très recherché. Par contre, cet expert explique que l'usage de l'uranium faiblement enrichi (dans des engins explosifs conventionnels), pourrait permettre de disséminer des produits toxiques, avec « un impact psychologique énorme » sur l'adversaire. Au stade actuel, la question que l'on peut se poser est de savoir si ces anciens opposants qui auraient eu des contacts jugés dangereux avec ce réseau terroriste, sont actuellement au pouvoir.

Car, leurs desseins cachés risqueront d'annihiler ou de compromettre l'action du Président Joseph Kabila qui est résolument engagé dans la lutte contre le terrorisme. Comme toute la lumière doit être faite sur cette affaire. Et l'on comprend aisément pourquoi les différents services secrets sont derrière le dossier.

VOIR EN LIGNE :L'Investigateur 26-11-2003

Posté par cnrdoc à 05:46 - - Permalien [#]